Sous le soleil
L'odeur du jasmin dans les rues. La menthe fraîche. Les bougainvilliers qui débordent des balcons. La Méditerranée. Les maisons où l'on entre sans vraiment avoir besoin de prévenir. Les cafés, les discussions qui s'éternisent, les visites qui commencent par « juste cinq minutes » et finissent beaucoup plus tard.
Papier & Vie est née de cet attachement à la Tunisie, à ses couleurs, à ses odeurs, à sa lumière, mais surtout à cette manière bien à nous de créer du lien.
Et puis il y a Papatou
Papatou est amoureux des plantes. Il m'offre des fleurs. Il m'en plante. Il en fait pousser partout où il peut.
Peut-être que c'est de lui que me vient cet amour pour les choses qui prennent racine, qui grandissent et qui reviennent à la vie.
Je garde tout
Moi, j'ai toujours eu un autre petit défaut : je garde tout. Une carte, un bout de papier, une étiquette, un emballage, une fleur séchée… Tout ce qui peut me rappeler un souvenir trouve une place quelque part chez moi.
Je ne garde pas forcément les choses pour ce qu'elles sont. Je les garde pour ce qu'elles me rappellent.
Un moment. Une personne. Une journée. Une émotion. Et c'est peut-être justement pour ça que le gâchis m'a toujours dérangée.
Je vois du papier partout. Des invitations imprimées pour un événement et utilisées une seule fois. Des cartes qui racontaient quelque chose et qui finissent oubliées dans une poubelle. Des emballages, des étiquettes, des supports de communication qui n'auront vécu que quelques minutes.
Une question
Alors une question a commencé à me trotter dans la tête :
Et si on pouvait garder le souvenir sans devoir garder le papier ?
L'idée est arrivée presque du jour au lendemain. Et comme beaucoup de grandes idées en Tunisie, elle a d'abord été racontée à des copines… une journée à la plage, entre deux discussions, au milieu du soleil et de la Méditerranée.
Une invitation n'est jamais qu'une invitation
Prenons un mariage. Avant, une invitation ne s'envoyait pas sur Messenger. Elle faisait le tour des maisons. On prenait la route. On sonnait à une porte. On s'asseyait. On discutait. On prenait des nouvelles. On partageait un café, un thé à la menthe et aux amandes. On annonçait le mariage.
Et, évidemment, on menait notre petite enquête :
Weld chkoun ? Mnin ? Chyaamel fi hyetou ?
On cherchait si on connaissait quelqu'un qui connaissait quelqu'un. Un cousin en commun. Une vieille connaissance. Une connexion improbable qui finit toujours par apparaître. Bref, on faisait connaissance à la tunisienne.
L'invitation était un morceau de papier. Mais surtout, c'était un prétexte pour se retrouver.
Un peu des deux
Aujourd'hui, les invitations deviennent de plus en plus numériques. C'est pratique. C'est rapide. Et cela permet d'éviter une partie du gaspillage de papier. Mais est-ce qu'on est vraiment obligés de choisir ?